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Christophe Collet est le fondateur de S4M, une « drive-to-store platform » qui aide les retailers a générer du trafic dans leurs points de vente. Pour ce faire, les algorithmes sont nécessaires !

 

Bonne écoute !

 

Podcast #09 avec Christophe Collet dédié au marketing relationnel et à l’intelligence artificielle

Retranscription de l’interview :

Aujourd’hui j’ai le plaisir de recevoir Christophe Collet, CEO et fondateur de S4M, petite question pour commencer, comment va ton algo ?

Mon algo va beaucoup mieux après 2020 qui était une année compliquée parce que chez nous S4M, on est une société de drive to store, donc on a créé une technologie qui optimise en temps réel les budgets marketing pour générer des visites en magasin. Que ce soit des magasins physiques ou virtuelles, et comme 90% des ventes mondiales s’effectuent en physique, je vous laisse imaginer comment 2020 a été pour nous. Donc un peu dur, mais on a un super rebond en 2021 donc mon algo va beaucoup mieux !

 

Peux-tu nous présenter S4M et ton activité ?

S4M est une drive to store plateforme, donc notre métier c’est d’aider les retailers, quel qu’ils soient, donc des marques d’automobiles, des sociétés de restauration, de luxe, des hôtels, et donc de générer du trafic dans leurs points de vente. Alors comment on fait ça ? Et bien en étudiant. On est une entreprise dite de Big data, et en analysant les données en temps réel et en achetant des emplacements publicitaires, eux aussi en temps réel, cela nous permet de trouver la bonne personne au bon endroit et de diffuser un message sur une boutique à visiter. Donc aujourd’hui S4M, c’est une société qui a au moins 10 ans, qui est présente dans 14 bureaux dans le monde, on couvre une cinquantaine de marché. On fait partie de cette première génération de la french tech et on est assez content de notre développement. Aujourd’hui, on a aussi cette particularité d’être l’une des sociétés de la tech française à avoir craqué le marché américain, parce que le marché américain est aujourd’hui notre 1er marché en termes de chiffre d’affaires.

 

Tu te souviens de ta première rencontre avec un algorithme ?

Alors faut pas oublier que les algorithmes sont très vieux. Si j’ai bonne mémoire, cela date des babylonien. Si je prends l’algorithme d’Euclide, c’était 300 ans avant JC, c’était la règle du plus grand diviseur commun, donc je dirais fin de la primaire, ma première rencontre avec un algorithme.

 

Quel usage faites-vous des algorithmes aujourd’hui chez S4M ?

Les algorithmes nous servent pour beaucoup de choses, c’est le cœur de notre métier. Donc c’est de définir en temps réel une zone de chalandise, de faire un achat publicitaire en temps réel tout en vérifiant cet achat publicitaire avec des algorithmes d’anti-fraude pour vérifier que ce soit bien une personne physique et pas un robot. On achète aussi une publicité sur un emplacement qui est « brand safe » pour nos clients etc. Donc les algorithmes sont vraiment au cœur de notre technologie et de notre offre.

 

En quoi ces algorithmes vont changer le quotidien des équipes marketing ?

En fait ils sont assez révolutionnaires parce qu’aujourd’hui on transforme l’approche « One size fits all » des marques. C’est à dire qu’aujourd’hui, une marque à réseau, quelle qu’elle soit, vous prenez un constructeur automobile ou une marque de luxe, des magasins, en général c’est la même campagne publicitaire pour tous les magasins. Alors on sait tous que ça peut marcher à l’échelle globale parce que dans la moyenne agrégée ça fonctionne. Maintenant au niveau local de temps en temps ce n’est pas la bonne campagne. Pourquoi ? Parce que chaque magasin est différent et je pense que tout le monde va être d’accord avec moi : on ne vend pas les mêmes produits à la population parisienne qu’à une population qui vit en Provence ou une population qui vit à la campagne. Donc les produits sont différents parfois et donc du coup les zones de chalandise sont différentes. Aujourd’hui un Parisien va généralement faire 5 minutes autour de chez lui pour aller acheter quelque chose, quelqu’un qui vit à la campagne peut faire 30 minutes par exemple. Les audiences sont différentes les gens ne sont pas les mêmes parce que ce n’est pas les mêmes profils de personnes et parce que ce ne sont pas les mêmes profils de personnes les gens ne sont pas réactifs de la même façon aux médias. Je m’explique c’est peut-être que vous Guillaume vous êtes jeunes vous êtes hyper digitalisés et les publicités sur lesquelles vous réagissez le plus ou en tout cas qui vous impactent le plus sont peut-être sur cet univers digital, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur Google. Alors que des gens comme moi, qui vit en province, montagnard, j’écoute encore radio Mont-Blanc et je lis encore le Dauphiné Libéré et c’est peut-être là-dessus que je suis le plus réactif. Donc ce qu’on fait chez S4M c’est qu’on gère les aspérités locales au niveau national. C’est à dire que quand vous avez un réseau de 400 boutiques, et bien au lieu de faire la même campagne pour les 400 boutiques, Fusio qui est le nom de notre technologie, va finalement faire 400 campagnes customisées avec un seul setup. Donc on est capable d’appréhender en temps réel les aspérités locales pour générer du ROI et donc de la visite en magasin. On est là pour générer du trafic en magasin et générer des visites incrémentales et donc si on génère des visites dans votre magasin normalement cela a un impacte sur votre business et donc sur vos ventes.

 

Pour les clients et les consommateurs qu’est-ce que cela va changer ?

Qu’est-ce que cela change ? Et bien du coup c’est une publicité ciblée donc pertinente. Alors on peut me rétorquer que c’est peut-être utopiste la publicité pertinente, mais je pense qu’il ne faut pas oublier que la publicité et notamment la publicité ciblée, c’est elle qui finance aujourd’hui l’accès gratuit à des services et à des contenus. Donc elle finance l’accès aussi à des opinions différentes et avoir des opinions différentes c’est le pilier de la démocratie. Aujourd’hui la publicité ciblée est nécessaire et je pense qu’aujourd’hui tout le monde, quand vous proposez aux gens s’ils sont prêts à payer pour du contenu ou recevoir de la publicité, les gens massivement préfèreront la publicité, et quitte à recevoir de la publicité en général les gens aussi plébiscite plutôt de la publicité qui leur correspond plus que de la publicité totalement inconnue. La publicité ciblée elle finance internet. Bien sûr il faut la réguler il faut faire en sorte que les choses se passent bien. Je pense que toutes les nouvelles démarches notamment le RGPD que je soutiens vont dans ce sens. Aujourd’hui qu’est-ce que cela change pour le client ? Et bien c’est d’être exposé à des publicités qui peuvent l’intéresser et qui peuvent du coup l’inciter à consommer.

 

Concernant les clients justement, pourquoi l’engagement client est de plus en plus important aujourd’hui ?

Je pense que ça va aussi avec le « One size fits all », avant quand vous regardez le marketing des années 50, c’était le fameux « One too many », un message pour tout le monde et tout le monde étaient un peu mouton. Aujourd’hui on est beaucoup plus dans une approche « One to One » parce que le client est de plus en plus volatile, c’est à dire qu’aujourd’hui le client est de plus en plus roi, il a le choix : il a le choix d’aller sur internet, il a le choix d’aller dans un magasin et le choix entre plusieurs marques. La globalisation et les nouvelles plateformes comme Amazon font qu’il y a une multiplication de l’offre donc aujourd’hui je pense qu’il serait intéressant de montrer d’abord cette approche « One to One », un peu personnalisée parce que chaque humain a aussi ce besoin d’être valorisé et les technologies permettent de faire ça et font évoluer un marketing plus responsable. Parce que quand vous faites du « One to One », et bien vous allez peut-être adresser moins de messages mais ça peut aussi avoir des effets positifs sur la planète : moins de prospectus, moins de publicité digitale car on sait que les serveurs émettent beaucoup de CO2.

 

As-tu en tête une success Story d’un algorithme qui aurait révolutionné une expérience ou un service ?

Alors, il y en a plein mais je pense que celui qui a révolutionné notre secteur c’est celui de Google. Aujourd’hui ce moteur de recherche a permis de populariser internet et de populariser l’usage d’internet. C’est grâce à lui que tout s’est développé. Aujourd’hui beaucoup d’innovations viennent de là.

 

Existe-t-il des limites à l’utilisation de l’intelligence artificielle ?

Je pense qu’on se souvient tous de Terminator et de Skynet donc je pense qu’il faut faire attention bien évidemment. Je suis assez d’accord avec Elon Musk quand il dit qu’il faut toujours mettre un bouton stop dans toutes les machines. On ne sait pas comment cela va évoluer. Il y a 70 ans le téléphone était naissant, la télé n’existait pas. Donc beaucoup de choses ont évolué et il faut faire attention. Maintenant moi je crois au progrès technologique dans le sens ou le progrès technologique aide l’humain à avoir une meilleure vie. La technologie et les progrès scientifiques ont permis à l’homme d’augmenter l’âge moyen ou l’âge médian. On regarde le plus récent la crise du Covid, en moins d’un an on a trouvé des vaccins efficaces. Donc la technologie va nous permettre de vivre plus enfin je pense qu’il ne faut pas perdre certaines versions philosophiques. Je ne crois pas en l’homme immortel, je pense que la mort fait partie de notre vie et c’est très bien.

 

Est-ce que tu penses donc que les machines et les hommes sont faits pour s’entendre ou se faire la guerre ?

On s’entend très bien aujourd’hui, tant que l’Homme a la maîtrise de la machine. Aujourd’hui, l’Homme a inventé des machines pour lui faciliter sa vie quotidienne et permettre de penser et de faire d’autres choses.

 

Merci beaucoup est-ce que tu aurais une citation pour finir ?

Gandhi avait dit un jour que « la machine a gagné l’Homme, l’Homme s’est fait machine, fonctionne et ne vit plus ». Je pense que c’est un peu rude et je préfère dire que au contraire une machine peut en effet faire le travail de 50 personnes ordinaires, mais elle ne peut pas faire le travail d’une personne extraordinaire. Je pense que chacun peut être une personne extraordinaire c’est une question de volonté. Une machine elle ne pense pas, elle n’invente pas et elle ne crée pas. Ce qui fait la force de l’Homme c’est d’une part d’être un Homme et donc du coup d’être un groupe, parce qu’aujourd’hui un Homme seul ne peut faire, dans la chaîne alimentaire on se serait fait bouffer si on était tout seul. En se regroupant, en travaillant ensemble et en faisant éclater notre productivité, on a pris la première place dans la chaîne alimentaire, alors combien de temps cela va durer, j’en sais rien mais je vois pas les machines nous remplacer tout de suite.

 

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