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L’IA Académie a pour objectif de former rapidement les décideurs non spécialistes de l’intelligence artificielle, en leur procurant des connaissances suffisantes pour qu’ils soient à l’aise avec les différents sujets, les outils techniques et leurs principales applications.

 

Bonne écoute !

 

Podcast #10 avec Dominique Monera dédié au marketing relationnel et à l’intelligence artificielle

Retranscription de l’interview

Aujourd’hui j’ai l’honneur de recevoir Dominique Monera, président de l’IA Académie, comment va ton algo ?

Mon algo va bien, il est tout jeune puisqu’il a 3 mois d’existence. C’est un algo qui sert à évaluer les connaissances en IA de nos élèves. Donc c’est un algorithme qui va évaluer les connaissances en IA. On s’est dit que tant qu’à faire, pour évaluer les connaissances en IA, autant confier cela à une IA. Alors cette intelligence artificielle n’est pas seule car elle est combinée avec de l’intelligence humaine, je crois que vous aimez bien cela chez D-AIM. C’est à dire qu’on construit des questions à partir d’experts et on a une IA qui va les pondérer de façon à optimiser le fait de savoir si quelqu’un a besoin d’une formation ou pas. Voilà, donc c’est tout nouveau, c’est tout récent et il va très bien !

 

Peux-tu nous présenter l’IA Académie et ton activité ?

L’IA Académie est une école de formation, c’est aussi une société de conseil que j’ai créée il y a 3 ans, et qui a pour objectif de former les cadres, les décideurs et les managers qui ne sont pas des spécialistes en IA, de façon à les faire progresser. Ainsi, ils montent en compétence sur l’intelligence artificielle et sur la data science, et sont plus à l’aise avec les équipes de data scientists qui envahissent le marché. Ils sont donc plus force de proposition, ils arrivent à mieux gérer les projets d’IA qui se développent de plus en plus. Nous avons développé un système pédagogique qui permet de faire passer un maximum de connaissances en un minimum de temps parce qu’évidemment les managers et les décideurs sont très occupés, donc nous, il faut qu’on arrive à s’intégrer dedans rapidement et pas avec une formation de 6 mois. Donc, on a des formations qui sont courtes et qui sont adaptées pour parler en français contemporain de façon à démystifier un peu tout ça et les sensibiliser à l’intelligence artificielle. On a attiré des grands pontes qui travaillent maintenant avec nous, et puis on est également certifié France compétences qui fait que nos formations peuvent être en BtoC et financées par les pouvoirs publics. On est six formateurs agréés qui font des actions à la fois de formation et à la fois de conseil.

 

Est-ce que tu te souviens de ta première rencontre avec un algorithme ?

Oui parce que ma première rencontre avec un algorithme c’était moi qui devais faire l’algorithme. Cela remonte à pas mal de temps, c’est en 1983. Il s’agissait de mettre en place un crédit scoring, d’ailleurs c’est le premier crédit scoring en France dans l’automobile. On a mis cela en place chez Citroën et chez Peugeot. Bien évidemment, c’est un problème de risque donc cela peut être très grave si le score se trompe, ça peut faire un désastre niveau donc c’était véritablement une première rencontre avec un algorithme très virile parce qu’il ne fallait pas se tromper compte tenu des résultats qui pouvaient arriver. Donc voilà ma première rencontre qui a été une rencontre où j’ai moi-même monté ce premier algorithme. J’en suis très fier d’ailleurs parce que c’était la première fois qu’on montait cela en France dans le domaine de l’automobile. J’en garde un souvenir ému.

 

Quel usage faites-vous aujourd’hui des algorithmes chez l’IA Académie ?

Concernant les algorithmes, et bien on en a fait un, donc on n’est pas très avancé on va dire. On n’a pas une forêt d’algorithmes. En revanche nous faisons des algorithmes chez nos clients. On peut intervenir  pour les aider à fabriquer des algorithmes et dans nos formations, nous passons en revue tous les algorithmes. Donc l’idée c’est effectivement d’arriver à expliquer les algorithmes en français audible. On peut expliquer comme ça certains systèmes techniques sans que les gens aient des connaissances en mathématique. On en fait des images, on en a on fait des graphiques, comme ça ils arrivent à comprendre ce qui se cache derrière un algorithme. Donc voilà un peu comment nous utilisons nous les algorithmes au sein de l’IA Académie.

 

En quoi ces algorithmes changent le quotidien des équipes marketing d’aujourd’hui ? Est-ce que cela va changer leur manière de travailler ?

Oui bien sûr, alors cela ne change pas les manières de travailler à l’IA Académie car nous sommes une société qui n’a pas encore la taille critique pour que cela puisse changer dans les équipes marketing. En revanche cela change l’existence des équipes marketing chez nos clients. Moi-même ayant été patron marketing dans des grands groupes, j’ai vu comment les algorithmes ont changé la façon de fonctionner des équipes marketing avec des équipes entières qui s’occupe des algorithmes et qui deviennent de plus en plus nombreuses. Effectivement, chez nos clients on voit bien que l’intelligence artificielle et les algorithmes en général changent la façon de travailler des équipes marketing.

 

Pour les clients et les consommateurs, qu’est-ce que cela va changer ?

Pour les clients et les consommateurs ça va se faire dans le temps. Je pense que déjà il y aura plus de confort puisque le marketing sera délégué de plus en plus aux machines donc cela peut apporter un bien meilleur service. On le voit bien avec le marketing, il y aura plus de ciblages donc des propositions qui sont plus adaptées aux besoins des clients. Donc on aura à la fois une amélioration sur le confort et le service.

 

Pourquoi l’engagement client est-il de plus en plus important aujourd’hui dans le marketing et le business en général ?

On voit que depuis quelques années les entreprises et les organisations multiplient leurs équipes d’expérience client parce que, évidemment, on est aujourd’hui dans un océan rouge avec le digital les clients sont directement en phase avec les entreprises. Tout va très vite. On est inondés d’e-mails et de propositions donc cet océan rouge va faire que c’est une concurrence exacerbée. Les entreprises se battent pour essayer de convaincre les clients d’aller chez eux. Ce que l’on cherche désespérément aujourd’hui c’est un océan bleu. C’est à dire rechercher là où on va faire la différence justement parce que on va avoir une certaine façon d’approcher la clientèle. Ainsi, on va gagner et on va se démarquer des concurrents. Tout cela passe par une optimisation de l’expérience client de façon à ce que chaque fois qu’un client à un contact avec une entreprise, il soit satisfait.

 

As-tu en tête une success Story d’un algorithme qui a révolutionné un service ou une expérience client ?

Effectivement, il y a plusieurs exemples connus : Google, Uber et Netflix aussi puisque la plateforme fonctionne avec des algorithmes. D’ailleurs Netflix fait partie de nos études de cas. Nous avons une centaine de cas pratique et on en choisi un pour chaque formation. Je pense aussi à un autre exemple qui me plaît bien c’est Amazon Go. Amazon Go, ce sont les magasins sans caisse et donc la possibilité de télécharger une application sur son portable comme Uber, d’y associer une carte, scanner son portable quand on rentre dans le magasin et ensuite de choisir ce qu’on veut et partir sans être obligé de payer à une caisse. Donc il n’y a pas de caisse automatique, on sort et on est ensuite débité sur son compte une fois qu’on est sorti du magasin. Tout cela fonctionne avec des algorithmes d’intelligence artificielle qui combinent à la fois des connaissances visuelles et en même temps plein de capteurs sur les étagères et aussi des capteurs qui suivent la fréquence des pas, puisqu’on a chacun une fréquence de pas qui nous est propre. Donc c’est extrêmement bien évolué et ça révolutionne le système de distribution. Alors pour l’instant, il y a une trentaine de magasins aux états unis donc ce n’est pas quelque chose qu’on voit dans le monde entier, mais on voit bien que ça peut être un système de distribution moderne qui peut changer les systèmes de distribution de grande distribution classique.

 

Existe-t-il des limites à l’utilisation de l’intelligence artificielle ?

Heureusement car si on utilisait l’intelligence artificielle comme on voulait, enfin comme on voulait, si c’était dirigé par des personnes qui sont ne sont pas animées de bonnes intentions, on peut avoir des dérives. On l’a vu d’ailleurs pour des problèmes électoraux, politique, où il y a eu des dérives sur des informations qui ont été détournées pour convaincre et faire basculer un électorat dans un sens ou dans un autre. Il faut instaurer des limites. Aujourd’hui l’intelligence artificielle n’est pas vraiment régulée. Le RGPD oui, mais pas l’intelligence artificielle et la Commission européenne y travaille et on va bientôt avoir justement une régulation sur l’IA qui me paraît nécessaire.

 

Donc finalement est-ce que les machines et les hommes sont faits pour s’entendre ou se faire la guerre ?

Alors c’est un petit peu des 2. C’est à dire qu’on peut penser à deux avenirs. Un avenir sombre et un avenir un petit plus optimiste. L’avenir sombre avec des machines utilisées un peu n’importe comment, les algorithmes sont mal utilisés et on arrive effectivement à une humanité qui n’est pas très heureuse. Il y a des personnalités qui prédisent cette fameuse singularité comme quoi un jour les algorithmes vont prendre le pouvoir et que ça pourrait arriver dans le courant du siècle. L’autre scénario c’est que les algorithmes vont fonctionner au service de l’humanité donc ça va être un bien pour faire évoluer l’humanité. C’est plutôt à cela que je crois. De plus, la régulation servira aussi à cela, éviter des dérives et faire en sorte que l’intelligence artificielle travaille pour les humains et pas l’inverse. En revanche, il y aura un effet Schumpetérien puisqu’il va y avoir une disparition d’emplois qui vont être remplacés par des nouveaux emplois. Il y aura une période ou des emplois vont disparaître sans que l’on ait encore mis en place de nouveaux emplois pour les remplacer. Il va y avoir une période de transition qui ne sera pas facile à vivre comme c’est arrivé par le passé. Par exemple, lorsque l’on a arrêté les cochers, arrêté les allumeurs de réverbère, arrêté les vitriers ambulants, les porteurs d’eau etc. Il y a toute une série d’emplois qui va disparaître sans que tout de suite de nouveaux emplois permettent de les remplacer.

 

Merci beaucoup ! Pour conclure est-ce que tu aurais une citation ?

J’en ai une qui ne fait pas toujours plaisir aux techniciens de l’IA. Alors, je ne sais pas si je peux la dire… C’est une citation qui dit que « la guerre est quelque chose de trop importante pour la laisser aux militaires » et nous on pense que l’IA c’est quelque chose de trop importante pour la laisser aux techniciens.